Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 11:32

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     La H-Cup a rendu son verdict. Dans cette finale franco-française, c’est le Stade Toulousain qui l’a emporté. Retour sur cette finale.

 

     On savait qu’un club français remporterait la H-Cup cette saison, et c’était déjà une victoire. Après le Grand Chelem des Bleus en début d’année, c’est donc l’accomplissement d’une très grande saison pour la France du rugby. Il restait donc à trancher qui du Biarritz Olympique ou du Stade Toulousain serait sacré. Mais pour ce qui concernait le match des supporters, on ne pouvait faire autrement que déclarer un match nul. L’ambiance était belle en ce samedi après-midi, le beau temps était au rendez-vous, la chaleur accablante du RER B assoiffait les fans et les milliers (comment ça, j’exagère ?) de tireuses fonctionnaient à plein régime. Ne manquait que le beau jeu. Et l’on fut quelque peu déçu. Peut-être l’enjeu tua-t-il le jeu. Ou peut-être n’y a-t-il eu qu’une équipe sur le terrain. A l’exception de la première demi-heure. Du fait de ses trois semaines de repos, le BO savait que son début de match serait crucial. Les Basques entrèrent tambour battant dans la partie, envoyant du jeu à outrance. Le supporter toulousain, lui, se rongeait déjà les ongles, en voyant le coup d’envoi de Skrela atterrir avait la ligne pointillée des 40m. Mais la première mêlée annonça la couleur. Déjà un bras cassé pour le Stade. Il faut cependant rappeler que les Rouge et Noir ne sortirent qu’un seul ballon de leur mêlée, sur la dernière du match, ce qui permit à Kelleher de libérer ses coéquipiers. Mais nous y reviendrons.

     Le BO, donc, envoya du jeu pendant une bonne demi-heure, bien emmené par un Karmicheal Hunt qui manquera cruellement au XV ces prochaines années (après avoir testé le XIII et le XV, l’Australien se frottera aux maboules de l’Aussie Rules dès la saison prochaine). Yachvili concrétisa cette domination par 9 points au pied (9-3, 29ème minute). Mais à partir de ce moment-là, les Rouge et Noir se sont réveillés. Une première fois sur une pénalité monstrueuse de Fritz (auteur d’un très bon match) de plus de 50m (6-3, 21ème). Une deuxième fois, sur un ballon de récupération, à la 23ème minute, poussé au pied par Maxime Médard, mais qui se solda par une pénalité bien venue pour le BO. Puis une troisième fois, sur une relance du même Médard, qui tenta un cadrage-débordement sur Balshaw après un relais impressionnant de vivacité et de puissance de Fritz. L’action mourut à 5m de l’en-but, mais on sentit que le Stade Toulousain accélérait. Progressivement, les Haut-Garonnais se mirent à dominer dans tous les secteurs du jeu. Et notamment un qui leur tenait particulièrement à cœur : la mêlée. S’il avait été plus que bousculé la semaine passée par l’USAP, le pack toulousain a écrasé son vis-à-vis biarrot. Et l’entrée de Barcella n’y fit rien du tout. Et avec un 3 sur 5 de Skrela et un cent pour cent de Fritz au pied, la mêlée fut la clé du succès toulousain. Autre motif de satisfaction : la défense. Si les Basques s’évertuèrent à envoyer le ballon au large, vers les Hunt (excellent samedi après-midi), Miniardi et autres Balshaw et N’Gwenya (rebaptisé Tenia Mwa, par le speaker du Stade de France…), ils trouvèrent systématiquement les Skrela, Fritz, et autre Médard et Poitrenaud sur leur chemin. Même les groupés pénétrants, pourtant la force des Biarrots, étaient à l’avantage des Rouge et Noir. Quand on vous dit que le rugby commence devant ! C’est ainsi que, malgré une domination biarrote sur le gros de la première période, les Toulousains rentraient au vestiaire avec trois points d’avance (9-12).

     Mais la deuxième mi-temps offrit une toute autre physionomie. On sentit les joueurs du Stade plus frais. En tout cas, ils étaient bien plus forts sur les duels, avançant à chaque impact, et surtout, faisant montre d’une maitrise bien meilleure qu’en première mi-temps. Mais on crut à un tournant, lorsque, à la 50ème minute, Maxime Médard bouffait un essai tout fait. L’ailier toulousain échappa le ballon à 5m de la ligne biarrote alors qu’il s’apprêtait à réaliser un 2 contre 1 qui aurait envoyé son coéquipier sur l’aile à l’essai. C’aurait d’autant plus pu être un tournant, que, quelques minutes plus tard, c’est Patricio Albacete qui se sacrifiait sur un contre de Benoît August, que le deuxième ligne rouge et noir plaqua lâchement sans ballon à une quinzaine de mètres de l’en-but. « Cela se joue à la course et en plus, il peut avoir un bon rebond. Tout va très vite mais je me dis que c'est mieux de faire une faute que de le laisser filer à l'essai». Pas faux, Pato… Mais en infériorité numérique, c’est la Stade qui s’en sortit le mieux. Car si Yachvili passa les trois points de la pénalité (12-12, 51ème), Skrela, malgré son raté pour le coup d’envoi en coup de pied tombé, se ressaisit et en inscrivit deux (52ème et 58ème), permettant au Stade de mener au retour d’Albacete sur le terrain (12-18, 58ème). Mais comme toujours, quand le Stade met du rythme, il est dur pour l’adversaire de s’organiser. Il manqua seulement aux Toulousains un peu de réussite dans le dernier geste pour marquer un essai. Car le seul de la partie fut celui des Biarrots, sur une superbe relance de 70m, conclue par Hunt entre les poteaux. Le supporter toulousain attaquait à présent la deuxième phalange de son index droit (19-21, 73ème minute). Dès lors, les Basques tentèrent par tous les moyens de mettre en difficulté le rideau défensif toulousain. En vain. La pénalité tant attendue ne vint pas. La position de drop non plus. Et c’est sur une touche dans les 22 du Stade que tout (ou presque) se joua. Malgré une grosse défaillance dans ce secteur (quatre ballons perdus sur lancers toulousains), les Rouge et Noir captèrent la touche la plus importante du match. Skrela tapa un grand coup de pied dans l’axe profond, le BO avait une dernière opportunité, gâchée par une passe trop imprécise de Balshaw. Le supporter toulousain explosa de joie sur son siège. Dernière mêlée. Crouch. Touch. Pause. Engage ! Le ballon ressortit aussi facilement qu’il était entré, Kelleher s’en saisit, l’expédia dans les tribunes et se mit à sauter dans tous les sens. Après une hésitation, Monsieur Barnes (encore mauvais au possible ce samedi après-midi) délivra le « bison » et ses coéquipiers. « Nous pensions avoir le niveau pour gagner », déclarera Yachvili à la fin du match. Pas tout à fait.

 

     Le Stade Toulousain décroche ainsi sa quatrième Coupe d’Europe. « Avec les designers, on cherche déjà comment intégrer cette nouvelle étoile au maillot », ironisait Guy Novès, samedi soir. Mais au-delà des plaisanteries, le manager toulousain, sacré meilleur entraîneur de la H-Cup, peut se targuer d’officier dans le meilleur club de l’histoire (de quinze ans) de la Coupe d’Europe. Avec quatre sacres, le Stade est désormais seul au monde, et pour un sacré bout de temps (Munster, Leicester et Wasps n’en sont qu’à deux couronnes). Le capitaine Dusautoir peut partir en tournée avec les Bleus l’esprit libre. Lui qui « exige[ait] un titre » avant la rencontre est à présent comblé. L’accompagneront certainement dans son voyage, la joie d’une Place du Capitole bondées (12 000 personnes) et les fameux chants des supporters Rouge et Noir : TOU-LOU-SAINS, TOU-LOU-SAINS, TOU-LOU-SAINS !

 

 

Par Tonton TOU-LOU-SAIN ! Cassoulet

Par Chris G. - Publié dans : Rugby
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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 12:09

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     En ce week-end de manifestations, il en est une qui a plutôt réussi aux Français. Avec deux confrontations entre clubs de l’hexagone et irlandais, la France avait l’occasion, après son Grand Chelem de février, de marcher sur le toit de l’Europe. Les Biarrots et les Toulousains n’ont pas raté le coche !

 

 

 

Biarritz-Munster

 

     Le BO n’avait pas préparé de la meilleure des manières sa demi-finale de H-Cup, le week-end dernier, en s’inclinant, à la maison, face à l’ASM. Et puis, en milieu de semaine, on a appris le forfait de Damien Traille, qui s’ajoutait à une possible absence d’Imanol Harinordoquy. Mais le Basque bondissant a bien tenu sa place. Certes, lesté d’un joli masque en sparadrap, qui semblait boucher une partie de sa vision périphérique. Ca ne l’a pas gêné pour voler quelques ballons en touche, avec la complicité des Trevor Hall et autre Jérôme Thion. Il faut aussi avouer que le Munster s’avançait à Anoeta sans son capitaine emblématique, le deuxième ligne irlandais Paul O’Connell, soit une solution de moins pour la Red Army en touche. Cependant, ce sont bien les Irlandais qui dominèrent outrageusement la première période. Mais quelques détails laissaient penser que le BO vendrait chèrement sa peau. Il y a tout d’abord la touche. Le Basques ont maintes fois gêné les Irlandais dans ce secteur, leur volants même quelques ballons, si bien que ces derniers n’eurent que très peu de lancements corrects à se mettre sous la dent. Autre secteur dominé par les Biarrots : la mêlée fermée. Bien que chahuté sur les deux premières, le huit du BO a su se ressaisir, et, emmené par une première ligne époustouflante, a écrasé son vis-à-vis. Et comme aiment à le rappeler nos chers amis rosbifs : No scrum, no win ! Mais il est un domaine dans lequel le BO a souffert en première mi-temps, et qui est l’apanage du XV du Munster : les rucks. Parfois à la limite du licite, les Irlandais ont pourri toutes les sorties de balle et les Basques se sont vite rendus compte qu’ils étaient sous pression à la moindre tentative de jeu au large, se retrouvant souvent en sous-nombre offensif. Alors, ils ont décidé de se recentrer sur du jeu basique à une passe, faisant de leur mieux pour ne pas subir sous le conteste agressif de leurs adversaires. Seulement, les Irlandais, eux, ont réussi à trouver les extérieurs. Et pas par leurs trois-quarts : c’est d’abord le talonneur Jerry Flannery (encore auteur de gestes qui n’ont rien à faire sur un terrain de rugby en toute impunité) qui trouva l’intervalle et transmit au seconde ligne O’Callaghan, pour une action conclue par Keith Earls après un relais du troisième ligne centre Coughlan. A la demi-heure de jeu, le BO était mené sur sa pelouse. Mais la deuxième mi-temps offrit une toute autre physionomie. Sans solution, on a senti les Irlandais lever le pied. De l’autre les Biarrots ont accéléré, doucement, mais sûrement. Les trois-quarts adverses ne trouvèrent jamais la solution face à une défense Basque très agressive, seul Jean DeVilliers transperça une ou deux fois le premier rideau pour se faire systématiquement reprendre par le second. O’Gara rata même quelques coups de pied, Earls ou Mafi furent maintes fois mis sur le reculoir, quant à Hurley, on se posa même la question de sa présence sur ce match. Bien plus agressifs et diablement efficaces, les Biarrots ont renversé une équipe du Munster que l’on trouva sans intention, presque résignée. Au contraire des Basques, comme l’a dit Dimitri Yachvili, auteur des 18 points de son équipe : « On s'était promis de donner tout sur quatre-vingt minutes. C'est ce qu'on a fait en seconde période en relevant la tête physiquement. A mon avis, on a dominé ces joueurs du Munster mentalement, physiquement. ». 18-7, score final, et voici le BO au Stade de France et assuré de jouer la H-Cup l’année prochaine.

 

 

 

Stade Toulousain-Leinster

 

     Car beaucoup annonçaient un match très difficile pour le Stade Toulousain, face au Leinster, champion d’Europe en titre. D’autant que la dernière rencontre les opposant s’était soldée par une lourde défaite du Stade, au Stadium, 35-41. Seulement, le Leinster se déplaçait au Stadium sans son ouvreur international Johny Sexton. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que son remplaçant le restera. Le dénommé Berne (rien à voir avec l’animateur radio et télé, quoi que) est sans conteste passé à côté de son match. Tout d’abord, l’entente avec son demi de mêlée O’Leary n’a pas été des meilleures. Et puis l’entente avec ses centres, D’arcy et O’Driscoll, non plus. De là à dire qu’il était un peu isolé… Certes, la météo de l’après-midi n’appelait pas à un jeu au large. Certes, ses coups de pied mirent en difficulté les Toulousains à quelques reprises, et notamment grâce à Rob Kearney, plusieurs fois présents sous les chandelles de son ouvreur. Mais le pauvre Berne a très souvent rendu le ballon à un Stade Toulousain qui n’en demandait pas tant. Car la première mi-temps ne fut pas de tout repos. Percés à plusieurs reprises, les Rouge et Noir ont beaucoup souffert lors de ce premier acte et menaient miraculeusement à la pause 9-6. Pour cause, les Toulousains n’ont visité les 22 adverses qu’à trois reprises pendant les quarante premières minutes. Mais, comme lors de son quart de finale fasse au Stade Français, et un peu à l’instar du BO face au Munster, le Stade Toulousain s’est mis à accélérer. Le travail de sape de la première mi-temps commença à porter ses fruits. D’abord, au tout début de la deuxième mi-temps, c’est Médard, entré à la pause, qui faillit inscrire le premier essai du match. Mais peu à peu, le Stade campa dans la moitié de terrain adverse, et la mêlée, une nouvelle fois, écrabouilla son homologue. Le pilier Healy dut mêle sortir à la demi-heure de jeu. Il n’y a pas de mots pour véritablement décrire ce que la mêlée du Stade fait subir à ses adversaires depuis quelques temps. On loue souvent le jeu Toulousain, fait de brèches incessantes et de soutient toujours dans le bon temps, en faisant un jeu debout et très dynamique. Mais, si les trois-quarts retrouvent peu à peu ce style, ils le doivent en grande partie aux avants qui leur mâchent le travail. Il serait donc juste de rendre hommage ici au huit de devant fabuleux dont le Stade est doté depuis son titre en 2008. Ainsi, les Toulousains ont réussi à déstabiliser leurs adversaires coup sur coup à l’heure de jeu, par Monsieur Jauzion (58ème, 16-9) au terme d’une très belle séquence, et par David Skrela (60ème, 23-9), après une attaque de ligne à montrer dans toutes les écoles de rugby. Se rappelant ses jeunes années au centre, il redressa sa course et déposa le pauvre Berne (encore lui !) et fila aplatir entre les perches. Il fut d’ailleurs élu homme du match. L’essai de Jamie Heaslip à la 67ème minute (23-16) rappela bien les quelques supporters un peu trop optimistes à la raison, mais n’eut pour effet que de relancer les hommes de Novès, Bru et Rouget-Thomas. Ils dominèrent la fin de match et finirent sur le score de 26-16, et une deuxième mi-temps maitrisée de bout en bout. Encore une finale pour le Stade qui n’a plus gagné la H-Cup depuis 2005. Mais comme le dit Guy Novès : « Les idiots vont encore parler, mais c’est encore une finale, et je suis fier des joueurs ». A bon entendeur…

 

 

     La finale opposera donc deux clubs français au Stade de France. Deux équipes au profil analogue : deux grands clubs qui ont déçu cette saison, mais sont bel et bien présents lors des grands rendez-vous. Petit avantage pour le BO qui aura droit à deux semaines de repos, alors que le Stade pourrait bien, en cas de qualification en demi-finale du Top14, jouer tout le mois de mai. Une petite pensée pour les ressortissants de la Perfide Albion et nos amis rouquins qui feront donc chou blanc en H-Cup cette année, et, espérons-le, en Challenge Européen, malgré la qualification des Blues en finale, mais qui devront affronter le RCT au Vélodrome. Ils doivent se préparer à de sérieux «nervous breakdowns »…

 

 

 

Par Tonton Cassoulet

Par Chris G. - Publié dans : Rugby
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 13:02

     Le Top14 a enfin rendu son verdict. Après vingt-six journées intenses et riches en émotion, nous connaissons désormais les qualifiés pour les phases finales et les relégués en Pro D2.

 

 

La descente aux enfers

 

     Promu cette saison en Top14 après une année en Pro D2, Albi ressemblait fort au petit poucet de la compétition. Malheureusement pour les Tarnais, ce retour dans l’élite se transforma rapidement en chemin de croix et se termina sur une dernière place, somme toute relativement attendue. Il restait donc une place dans la charrette pour la Pro D2, qui se jouait dans les dernières encablures du championnat, entre Montauban et Bayonne. Cependant, la lutte pour le maintien fut plus compliquée et hétéroclite que cela n’y paraît. Bourgoin, Montpellier et même le Stade Français ont aussi occupé la fameuse place de 13ème, synonyme de descente. A cela, il faut ajouter les ennuis financiers de plusieurs clubs. Déjà en sursis la saison dernière, le CSBJ fut, une nouvelle fois, épinglé par la Direction Nationale d’Aide et de Contrôle de Gestion (DNACG). Avec un déficit de 600 000 euros, le club isérois a frôlé la relégation administrative, mais, grâce à l’action de ses dirigeants et à la volonté de ses joueurs, a su se sauver, tant financièrement que sportivement.

     Autre équipe longtemps en difficulté : Montpellier. Malgré ses « Trois Fantastiques » (après le départ de Louis Picamoles au Stade Toulousain), le club, qui jouait l’accession à la H-Cup l’année passée et devait ramener le Brennus dans les trois prochaines années (dixit son ancien président, M. Perez), a complètement sombré cette saison. Finalement 10ème au terme de la 26ème journée de Top14, le MHRC semble avoir retrouvé le statut d’une équipe de milieu de tableau. Toutefois, les Héraultais ont réussi à faire tomber le Stade Français, l’USAP, ou même Toulon, laissant présager d’un avenir plutôt radieux.

     A l’instar de Montpellier, ou même de Brive, Bayonne faisait partie, en début de saison de ces nouvelles forces capables de déloger les « gros » de leur piédestal. Mais, comme Montpellier et Brive, l’Aviron, pourtant 7ème lors de l’année précédente, a déçu. Un début de saison chaotique, avec notamment, le limogeage du manager Richard Dourthe, a suivi le club jusqu’à la dernière journée et une lourde défaite à Montauban (22-8). Les suspensions du capitaine Rémy Martin n’ont pas non plus aidé l’équipe à se relever, et les problèmes à l’ouverture ont plombé le moral des Basques. Plus récemment, ce sont les déclarations de l’international Benjamin Fall, concernant un potentiel départ, qui ont ébranlé le groupe. Une somme de petites choses qui font finalement de l’Aviron Bayonnais un club sportivement relégué en Pro D2. A noter les déclarations récentes pleines de classe du Président Salagoïty à propos de Montauban («Des règles administratives ont été contournées. La première décision de la DNACG n'a pas de raison d'être abrogée et l'Aviron se retrouvera en Top 14 la saison prochaine.»). J’avais dans l’idée que, quand on affiche un niveau aussi faible et qu’on mérite, sportivement, d’être relégué, on avait la morale moins claironnante. Une erreur de ma part, veuillez m’en excuser.

     Oui mais voilà, en France, il existe une instance de régulation qui permet d’éviter que les clubs ne s’endettent de manière trop importante. La DNACG avait, il y a quelques temps, alerté le MTGXV pour un léger trou de 3 millions d’euros (malgré les 1,7 millions avancés, source : lequipe.fr). Ce déficit, dû, à la fois au désengagement du sponsor principal, la Matmut, et aux querelles politiques entre la mairie UMP de Montauban et le Conseil Général du Tarn-et-Garonne, présidé par Jean-Michel Baylet (PRG), n’a pu être comblé, et le Président Vianco a annoncé le dépôt de bilan ce lundi matin. Mais c’est bien une relégation en Fédérale 3 qui pend au nez de Montauban. Plutôt ironique, quand on sait que le club a créé son déficit en voulant doter sa cuvette de Sapiac d’une tribune digne de ses supporters. Cependant, cela pose la question de la professionnalisation du rugby, certes nécessaire, mais qui, à terme, risque de faire disparaître les clubs emblématiques du championnat pour de basses raisons économiques. Sans le support d’une municipalité forte ou d’un généreux mécène, il semble quasiment impossible de tenir le rythme économique auquel voyagent les plus grands clubs de notre championnat.

 

Si prêts, et pourtant si loin…

 

     Après les miraculés du Top14, place aux malades. On sentait bien que le Stade Français couvait quelque chose. Bien qu’invité régulier en phase finale du championnat ses dernières années (avec, à la clé, quatre titres), le club de la capitale ressemblait à s’y méprendre à celui que l’on convie aux réjouissances pour faire le nombre, jusqu’à ce qu’un autre vienne prendre la place. Avec un début de saison calamiteux, qui a coûté sa place à Ewan Mckenzie, l’entraîneur australien dont le message n’est, semble-t-il, jamais passé, et à Christophe Dominici, depuis reconverti en conseiller du président Max Guazzini. C’est comme les pellicules, on ne s’en débarrasse pas si facilement. Le Stade Français a ainsi touché le fond et la 13ème place, avant quelques convulsions (9-9 au Stadium de Toulouse, un quart de H-Cup) ne lui permettant d’accrocher que la 8ème place du championnat. Autre léger motif d’interrogation : les finances du club. L’attention de la DNACG s’est aussi portée sur la gestion parisienne, entre délocalisations ratées (jamais celles au Stade de France, mais bien celle de Bruxelles) et rénovation de son stade Jean Bouin, qui le « forcera » à jouer (enfin !) au stade Charléty voisin, pour au moins deux saisons. Enfin, la fameuse « affaire Bastareaud », les suspensions de David Attoub et Julien Dupuy et les blessures en cascade (Liebenberg, Leguizamon, Oelshig ou Parisse, pour ne citer qu’eux), n’ont, bien sûr, rien arrangé à cette saison ratée du Stade Français.

     Pour les nommés dans la catégorie « saison catastrophe avec soubresauts » se trouve aussi Biarritz. Déjà, l’année passée, le BO avait accroché de justesse une place européenne. A croire que les fins de saison à suspense amusent les Basques. Si la DNACG les a laissés tranquilles, il faut avouer qu’ils n’ont pas été épargnés par les blessures. Barcella, Yachvili, Traille, Brusque, Bidabet, Gobelet, Bosch, autant de noms qui flairent plus l’éther de l’infirmerie que la douce odeur du gazon. Et puis, il faut avouer que le BO a tendance à galvauder ses débuts de saison. Battus dès l’entame de la saison à Aguilera par Castres, corrigés à Aimé Giral ou à Ernest Wallon, et, de manière générale, assez peu solides à la maison, les joueurs de Laurent Rodriguez et Jean-Michel Gonzalez ont végété longtemps dans le ventre mou du classement, jamais vraiment inquiétés par la relégation, mais pas franchement dans le coup pour la qualif’ en phases finales. Mais, comme à son habitude, le BO a fini en boulet de canon, manquant d’un cheveu (ou plutôt d’une bonne tignasse à la réflexion) la 6ème place, qualificative pour les barrages (ils étaient à 3 points du Racing Métro à deux journées de la fin). Pas de H-Cup non plus par le biais du championnat (seuls les 6 premiers sont qualifiés). Deux solutions : la gagner, ou espérer que le Stade Toulousain ou le RCT gagnent la compétition dans laquelle ils sont engagés. Blanco a commencé à prier.

     Dernière équipe à avoir déçu : Brive et son armée d’étrangers. Succombant à la mode actuelle qui dicte aux rosbifs de venir s’établir du côté de la Corrèze, nombres d’entre eux ont investi les couloirs du stade Amédée Domenech. A commencer par le directeur général du club, M. Gillham, écossais de son état. Et puis sur le terrain. Malheureusement pour le CAB, parmi eux s’est glissé un intrus : Andy Goode. J’aimerais m’arrêter quelques instants sur ce curieux personnage. Physiquement, il s’apparente à Beetle Juice : de longs cheveux blonds et gras qui masquent une calvitie naissante, le teint blême, blafard, même, propre aux ressortissants de la Perfide Albion, les yeux bleu-gris et une grande gueule pleine de dents…douteuses. Terme qui peut aussi qualifier son niveau de jeu. Et pourtant, le bonhomme a été le remplaçant de Wilkinson quand ce dernier a cru bon de se faire poser un genou en plastique. Mais avant que l’Angleterre ne découvre Tobey Flood, qui, lui, joue au rugby. Cela dit, Goode avait réussi une grande saison 2008-2009, faisant retentir la fameuse chanson « Andy » des Rita Mitsouko à chacun de ses points. Sauf qu’il a tellement fait l’unanimité cette saison, qu’il s’en est allé au mois de février, rejoindre les Natal Sharks du Super 14. Dans lequel il a reçu deux cartons jaunes pour ses deux premiers matches. Mais passons sur le cas Goode. Car le CAB n’a finalement pas été la machine à gagner qu’espérait son petit bonhomme en mousse de président honoraire, Patrick Sébastien. Viré, lui aussi, au passage. Avec Laurent Seigne. Leur anglais ne devait pas être assez bon. Puis le duo Laussuq-Mola a réussi à redresser la barre, manquant de très peu une place de 7ème, potentiellement qualificative pour la H-Cup. Un demi-gâchis, quand on pense dans quelle panade le club se trouvait en début de saison. Mais aussi un motif d’inquiétude. Car le propriétaire du club, qui ne vient pas du monde du rugby, et encore moins de Corrèze voudra forcément un retour sur investissement. S’il ne récupère pas ses billes, pourquoi ne pas imaginer un scénario à la Montauban, avec désengagement subit d’une partie des financements du club ? Affaire à suivre, donc.

 

 

Le nec plus ultra… ou presque

 

     Ce sont donc six équipes (et non plus quatre), qui sont désormais qualifiées pour les phases finales de ce Top14. Passons sur l’hérésie de rajouter un match à un calendrier déjà démentiel, rendant impossible la récupération dans de bonnes conditions, entre matches couperets de Coupe d’Europe et de championnat.

     Le Racing Métro n’aura pas ce souci. Seulement engagé en Top14, les Franciliens ont créé une demi-surprise lors de cet exercice 2009-2010 en se qualifiant en position de 6ème. Pourtant promu en début de saison, le club a su s’armer en conséquence : Chabal, Nallet ou Steyn sont arrivés à l’intersaison. Mais n’oublions pas les Fillol, Wisniewski ou Lo Cicero, grands artisans de la montée. On pensait que le champion de Pro D2 de 2009 aurait patienté une année (à l’instar du RCT) avant de jouer les premiers rôles en Top14. Mais avec le remaniement des phases finales, et surtout, grâce à une impressionnante série de 9 victoires, la bande à Berbiz’ s’est retrouvée propulsée en barrages de ce Top14 2009-2010.

     Autre surprise : Castres. En effet, lors de la saison passée, le CO a frôlé la relégation, luttant jusqu’au dernier moment pour se maintenir. Mais en conservant un groupe plutôt homogène par rapport à ce calvaire passé, les Tarnais ont su faire trembler les meilleurs. Longtemps leader du championnat, avec des victoires brillantes à Biarritz, sur le Stade Toulousain, le Stade Français ou Toulon, le CO s’est un peu essoufflé en fin de saison, et rate d’un point le match de barrage à domicile. Même si l’aventure devait s’arrêter au Stadium de Toulouse, le Castres Olympique pourra tout de même se féliciter d’une très bonne saison, avec, à la clé, une qualification en H-Cup, et le meilleur réalisateur du championnat, Romain Teulet (251 points).

     Futur adversaire du CO en barrage, le Stade Toulousain est toujours dans le flou. Les Rouge et Noir n’ont pour l’instant pas réussi à être performants pendant 80 minutes. Ils devront aussi jouer une demi-finale de H-Cup une semaine avant les barrages, où ils laisseront très certainement quelques forces. Et puis, le Stade Toulousain a eu une saison plutôt compliquée, avec des victoires importantes au Stade de France face au Stade Français (0-29), ou face à l’USAP (22-11), mais aussi des matches insipides (face au Stade Français, 9-9 ou la défaite à Ernest Wallon face au RCT, 6-9), et des défaites assez nettes (à Castres, 30-10 ou à Anoeita face à Biarritz, 26-10). Certes, ils n’ont pas été épargnés par les blessures (Milo-Chlusky, Nyanga, Skrela, Michalak ou Donguy), mais on ne sent pas le Stade Toulousain fringant des années précédentes. Bien que doté d’un pack ultra performant, avec en fer de lance les internationaux William Servat et le capitaine Thierry Dusautoir, on a trouvé des lignes arrières plutôt poussives, et peinant à faire la différence, et ce, malgré la grande forme de Jauzion et Poitrenaud, notamment. Mais le Byron Kelleher de 2008 a disparu, ainsi que les Clerc, Heymans ou Médard de la même époque. Fallait-il alors privilégier une compétition par rapport à une autre, au mépris des règles de fair-play propres au rugby ? Ce n’est, en tout cas, pas la vision de Guy Novès et de son staff, qui ont choisi de tout jouer à fond, au risque de ne rien gagner.

     Le dernier participant aux barrages sera l’ASM. Les Jaunards, toujours poisseux en finale, ont, une nouvelle fois, démontré leur grande force sur la saison régulière. En effet, ils ont battu tous leurs adversaires directs pour la qualification au moins une fois (deux pour le Stade Toulousain), et ont administré quelques corrections (52-10 face à Brive, 39-3 contre le RCT), en faisant la meilleure attaque du championnat (644 points, 64 essais inscrits). Et comme toujours, au cœur de l’hiver, Clermont a su se montrer très performant, s’imposant notamment au Stadium de Toulouse (15-16) et décrochant le premier quart de finale de H-Cup depuis huit ans. Mais la machine semble s’être grippée à quelques reprises. Ce fameux quart de finale de H-Cup, perdu d’un point, bien sûr. Il y eut aussi, une semaine auparavant, un match complètement raté au Stade de France (défaite 19-10), puis, un peu plus tard, une victoire face à Castres, certes, mais dans la douleur (25-19). Peut-être ce quart de finale perdu, sans avoir grand-chose à se reprocher les a-t-il plus touchés qu’il n’y paraît. Espérons pour eux qu’ils ne soient pas victimes du même syndrome que le Stade Toulousain l’année passée, et ne perdent leur jeu, très certainement le plus agréable à voir joué cette saison en Top14.

 

 

Le couple gagnant

 

     Comme souvent, le champion en titre est au rendez-vous des phases finales. L’USAP n’a pas dérogé à cette règle, finissant même première de la première phase. Plutôt discrets, les Catalans ont su faire leur petit bonhomme de chemin, s’imposant, à l’instar de Clermont, face à tous les autres prétendants aux play-offs. Mais, comme à son habitude, Perpignan a peiné face aux « petits ». Défaites à Montpellier, à Bourgoin ou à Montauban. Il y eut aussi Trévise en H-Cup. Un relâchement qui pourrait avoir son importance si l’USAP devait affronter des équipes du ventre mou du championnat en phase finale. Ce ne sera pas le cas. Mais le point noir de cette fin de saison sera le poste d’ouvreur. Laharrague et Hume blessés, c’est David Melé qui a occupé le poste face à Albi. Mais sa cuisse l’a trahi, l’obligeant à sortir à la 44ème minute. Ajoutons à cela le départ de Steve Meyer à la mi-saison pour les Natal Sharks (il a ensuite mis un terme à sa carrière suite à une grave blessure), et vous avez le casse-tête que Jacques Brunel devra résoudre pour ces demi-finales. Coup de chance : son équipe, en finissant dans les deux premiers de la phase régulière et en plombant son parcours en H-Cup, s’est offert deux semaines de repos supplémentaires ! Encore une autre raison de voir l’USAP réussir un doublé, qui n’a plus été réalisé depuis 2004 (par le Stade Français, qui l’avait emporté aussi la saison précédente, comme le terme « doublé » peut le laisser entendre).

     Pour Toulon et son président, Mourad Boudjellal, cette deuxième place au classement est une surprise. Mais le club de la Rade a su rester solide tout au long de la saison. Toujours présents lors des grands rendez-vous (au Vélodrome face à l’USAP ou au Stade Toulousain, à Mayol face à Clermont ou Castres), on sent une montée en puissance chez les joueurs de Philippe Saint-André. Ce dernier a d’ailleurs réalisé un travail extraordinaire en formant un véritable groupe, malgré la pléiade d’étrangers qui compose l’équipe. Il a su trouver en Joe Van Niekerk, le capitaine, un véritable relais auprès de ses joueurs. Il y a toujours un parfum particulier autour de la Méditerranée, et ce qui est vrai pour l’OM au foot, l’est tout autant pour le RCT au rugby. Un public plus que jamais derrière son équipe, et des joueurs qui leur rendent bien, c’est la recette concoctée par Boudjellal pour, qui sait, ramener le Brennus sur la Rade. Il y aura cependant deux motifs d’interrogation. Toujours en course pour remporter le Challenge Européen, le RCT ne laissera-t-il pas trop de forces dans la bagarre ? Quant au deuxième petit bémol, il s’agit de l’expérience en phase finale de ce groupe. Certes, il vit plutôt bien et est extrêmement soudé. Mais l’expérience des matches couperets en tant que groupe lui fait encore défaut. Aux Wilkinson, Contepomi, Mignoni et autres Umaga de montrer le chemin à leurs coéquipiers, pour peut-être le même doublé rugby/foot que 1992 quand l’OM et le RCT avait été sacrés champions. Peut-être…

 

 

 

     Une semaine après les demi-finales de Coupe d’Europe auront lieu les barrages du championnat. On peut se poser la question de l’équité d’une telle répartition des matches, quand on sait que le Stade Toulousain n’aura aucune semaine de répits jusqu’à la fin de la saison (si tant est qu’il aille jusqu’au bout dans les deux compétitions) alors que l’USAP se prépare à deux semaines de repos complètes. Pas question d’invoquer le fameux turn-over, cette fois-ci, bien que les effectifs fussent « pléthoriques ». Car une équipe-type s’est dégagée chez tous les participants aux play-offs, et il semble difficile d’en changer. A quand des 8èmes de finale qui permettraient aux 14 équipes du championnat et aux deux leaders de Pro D2 de s’affronter pour accéder au Brennus ? Ne rigolez pas, je suis sûr qu’ils y pensent déjà…

 

 

Rappel : programme des demi-finales

 

A Montpellier : USAP-Vainqueur Stade Toulousain-CO

A Saint-Etienne : RCT-Vainqueur Clermont-Racing Métro 92

 

 

 

Par Tonton Cassoulet

Par Chris G. - Publié dans : Rugby
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 16:57

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     Quatre clubs français étaient en course pour ces quarts de finales de H-Cup, et on pouvait espérer en retrouver trois en demi-finale. Alors, comment se sont débrouillées nos grenouilles ?

 

  

Stade Toulousain-Paris

 

     Le soleil, la chaleur, les jolies filles et le beau jeu : voilà ce qui fait l’ambiance des phases finales. Et ce dimanche, au Stadium, on n’a pas été déçu. Le seul quart de finale qui nous assurait un club français en demi-finale a tenu toutes ses promesses. Seuls les sifflets envers les Parisiens de certains « supporters » auraient pu gâcher la fête. Le rugby se démocratisant, les puristes sont de plus en plus noyés dans le flot de néophytes dont le comportement est plus que discutable. Même si, à entendre les réactions après le match (à base de « Rhoooo, ces sifflets, quand même ! Moi j’ai pas sifflé, hein… »), on aurait pu croire que personne n’était responsable de ce comportement lamentable. Hypocrisie, quand tu nous tiens. Mais revenons au rugby. Le Stade Toulousain était bien entendu favori, mais le Stade Français venait, a-t-on pu lire, sans pression, car n’ayant plus rien d’autre à jouer. Et d’entrée, les joueurs de la capitale ont confisqué le ballon, et très rapidement ouvert le score par un essai du capitaine Roncero, dans un Stadium médusé. Heureusement, côté Rouge et Noir, un homme revient au meilleur de sa forme. C’est Yannick Jauzion, qui, selon quelques ragots en début de saison, aurait pu mettre un terme à sa carrière. C’eut été un immense gâchis. Très longtemps considéré comme le meilleur trois-quarts centre au monde, Jauzion a éclaboussé le match de toute sa classe. Comme à la grande époque, il transperça à plusieurs reprises le premier rideau rose et permis à ses coéquipiers de jouer dans la défense. Il marqua même le premier essai du Stade en toute fin de première mi-temps. Mais si celle-ci fut plutôt terne, la deuxième fut l’une des plus aboutis pour les Hauts-garonnais. Comme toujours, quand le Stade Toulousain met du rythme et du volume à son jeu, l’adversaire est dépassé. Souvent pénalisé et pris de vitesse, Paris s’effondra physiquement et encaissa deux autres essais par Albacete et Heymans. 42-16, score final. Plutôt lourd, quand on repense à la superbe première mi-temps fournie par les visiteurs. Mais, à mesure que la fin de saison approche et que les titres potentiels se rapprochent, le Stade Toulousain redevient une formidable machine à gagner. Ce qui change de la saison précédente, est qu’il semblerait que le Stade retrouve un jeu flamboyant et spectaculaire. Mais encore une fois, comme souvent lors des phases finales, le Capitole a écrasé la capitale.

 

  

Leinster-Clermont

 

     Dire que, dans le sport de haut niveau, tout est une question de détail peut ressembler à une lapalissade. Un détail, vendredi soir, qui culminait à 2 points (oui, deux points, et non un, sinon il y aurait eu égalité). Les deux points qui séparaient Clermont de sa première demi-finale en H-Cup. Pourtant, tout avait bien commencé pour des Jaunards survoltés, menant 0-10 après vingt minutes de jeu. Dominateurs dans tous les compartiments du jeu, et notamment, dans les zones de ruck, imprimant un rythme d’enfer, les Clermontois ont totalement étouffé les champions d’Europe en titre. Pour cause, la première incursion, ballon en main, de la part des Irlandais, dans le camp jaune et bleu, n’aura lieu qu’aux alentours de la 25ème minute. Le hic, c’est que ce fut le premier essai des bleus du Leinster, signé Heaslip. Autre problème : d’habitude impérial dans les tentatives au pied, Brock James a été transparent. En effet, ce ne sont pas moins de vingt points qui ont été oubliés en route par les botteurs Clermontois. Encore une fois, l’ouvreur australien est passé à côté d’un grand rendez-vous. Si, côté offensif, il a su mener la barre du navire auvergnat avec brio, il a, encore une fois, montré ses grosses lacunes en défense. Il est souvent injuste de faire porter la responsabilité d’une défaite à un seul joueur, mais il reste que, à part quelques ratés en touche, Clermont a dominé dans tous les autres compartiments du jeu. Les première et deuxième lignes ont écrasé leurs homologues en mêlée fermée, la troisième ligne, avec un époustouflant Bonnaire a tenu son rang, et le triplé de Malzieu montre une certaine efficacité chez les trois-quarts. Malheureusement, vendredi soir, la réussite au pied a fuit les Jaune et Bleu. 29-28, score final. Espérons que cela n’affecte pas trop les têtes clermontoises avant d’aborder les phases finales du Top14. Mais, à voir le visage hagard de Brock James après avoir manqué le drop de la gagne à la dernière minute, on est en droit de se poser quelques questions.

 

 

 

Biarritz-Ospreys

 

     « Qu’il est long, ce terrain ! » ont du se dire les acteurs de ce quart de finale au stade Anoeta de San Sebastian. Surtout les joueurs des Ospreys. Car ce match commença sur les chapeaux de roue avec une attaque biarrote conclue par un drop de Damien Traille. Et puis le match bascula doucement, mais sûrement. A plusieurs reprises, les centres gallois, et notamment James Hook, prirent à revers la ligne défensive basque et échouèrent, par manque de réalisme, à cinq mètres de la ligne d’en-but adverse. Et puis, à la 12ème minute, la flèche Takudzwa N’Gwenya décida de faire le show. Bien servi par Traille à dix mètres de sa propre ligne d’essai, l’ailier américain du BO remonta entièrement le terrain le long de la ligne de touche, échappant au plaquage de Mike Phillips, déposant littéralement Shane Williams et allant aplatir le premier essai du match, quatre-vingt-dix mètres plus loin. Epoustouflant. Mais les Ospreys, fidèles à leur réputation, continuèrent à envoyer du jeu, et finirent par passer la ligne biarrote par leur capitaine, Ryan Jones, après, une nouvelle fois, une percée de James Hook, et un quatre contre un enfin bien négocié. Et puis, les Basques ont verrouillé. La deuxième mi-temps montra une opposition de style flagrante entre le jeu de ligne virevoltant des Ospreys, et le pragmatisme et la conquête des avants biarrots. Malgré un essai à la 75ème minute signé Walker et qui ramenait les Gallois à un point (29-28), le BO se prit pour le Munster de 2008 et multiplia les pick and go pour grignoter le peu de temps qu’il restait, et finit par s’imposer, obtenant du même coup son billet pour la quatrième demi-finale de son histoire. On peut se demander de quoi sera fait l’avenir de Biarritz. En effet, la fin de saison sera des plus intenses, avec, donc, cette demi-finale de H-Cup, mais aussi, une bagarre jusqu’à la dernière minute de la dernière journée de la phase régulière du Top14 pour retrouver les phases finales du championnat. Dans ce combat, les Biarrots laisseront sûrement des forces. Il faudra peut-être faire un choix. Le moment venu.

 

 

Munster-Northampton

 

     On ne donnait pas cher des Saints de Northampton dans l’enfer du Thomond Park de Limerick. Les Anglais ont, en fait, fait illusion l’espace d’une mi-temps. Mais c’est bien le Munster qui ouvre rapidement le score grâce à un essai de Warwick (5ème minute), suite à un ballon porté des avants rouges. Le second essai, à la 23ème minute, doit plus à une défense que je qualifierai de discutable de la part de Northampton qu’à un quelconque talent de la part du Munster. Cela dit, l’appel de Doug Howlett, et l’admirable passe sautée de Ronan O’Gara ne sont pas forcément à la portée de tous. Mais curieusement, le même O’Gara ratera les deux transformations (13-6 à la 24ème minute), et les Saints continuent à espérer. Si bien que, juste avant la pause, Clarke donne l’avantage aux siens en marquant le seul essai anglais de la partie (13-16). Malheureusement pour les visiteurs, la deuxième mi-temps sera un long calvaire, notamment pour les avants, concassés, comme on aurait pu se l’imaginer, par un pack irlandais impressionnant. La mêlée de la Red Army s’offrira même le luxe de récupérer quelques ballons sur introduction adverse, et ses deux autres essais seront inscrits à la suite de mêlées fermées à quelques mètres de l’en-but des Saints (De Villiers, 54ème et Howlett, 76ème). On aurait pu penser à un match plus serré au vu des résultats de la phase de poules (31-27 au Franklin’s Gardens de Northampton, 12-7 au retour, à Limerick). Mais, à l’instar des grosses écuries, le Munster axe sa préparation physique sur les phases finales des différentes compétitions dans lesquelles il est engagé, en faisant un véritable rouleau compresseur en fin de saison. Et puis, ces Rouge-là ont l’expérience du très haut niveau, ce qui a pu manquer à une équipe de Northampton, certes séduisante, mais manquant cruellement de vécu en phases finales de Coupe d’Europe (malgré leur titre la saison précédente en Challenge Européen).

 

 

      Les deux demi-finales verront donc s’affronter deux clubs français et deux clubs irlandais. Avantage à nos grenouilles qui recevront tous les deux. On peut s’étonner de ne pas retrouver de club anglais, gallois ou écossais à ce niveau de la compétition. Cela dit, les deux dernières nations à avoir remporté le Tournoi trustent les places pour ce dernier carré sur le toit de l’Europe. Quoi de plus normal ?

 

Par Tonton Cassoulet

Par Chris G. - Publié dans : Rugby
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 22:52

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     Dans une course appelée par les puristes « la dernière folie du sport cyclisme », un coureur a une fois de plus crevé l’écran. Il s’agit du Suisse, Fabian Cancellara qui l’a emporté en solitaire sur le vélodrome de Roubaix, après une échappée de 50 kilomètres, au nez et à la barbe des autres favoris.

 

     Après sa démonstration dans le Tour des Flandres, où il a laissé sur place le champion Belge, Tom Boonen, le champion du monde du contre la montre a récidivé, en faisant encore plus fort, prouvant, s’il en était encore besoin, qu’il est l’homme en forme du moment. Dans une course, toujours très nerveuse à cause de ses 52 kilomètres de pavés, la Suisse a pu une nouvelle fois compté sur son équipe, la Saxo Bank, même si ses coéquipiers ont été étrangement absents à la sortie de la Tranchée d’ Arenberg. Avant cela, les hommes de Bjarne Riis avaient durci la course en haussant le ton très loin de l’arrivée. On sentait, on savait que « Spartacus » voulait frapper fort. Dans le peloton ça frotte, les favoris sont bien placés, Boonen, Flecha, Pozzato, Hushovd et donc Cancelarra. Sur Paris-Roubaix, il y a 2 courses, celle d’avant la Tranchée d’Arenberg, et celle d’après. Pourtant, elle est située très loin de l’arrivée, à 90 kilomètres précisément. Mais, elle présente une telle difficulté, qu’elle fait chaque année la différence entre ceux qui peuvent rêver de gagner Paris-Roubaix, une dizaine, rarement plus, et les autres. La Tranchée d’Arenberg, c’est 2 kilomètres de pavés, en plein centre de la forêt de Wallers-Arenberg. Ses pavés sont d’une telle inégalité que seuls les meilleurs s’en sortent sans dommage, quand ils ne sont pas victimes d’une crevaison. De plus, la petite route étroite ne permet pas de rouler à plus de deux de front. L’importance du placement à l’entrée est exceptionnellement primordiale. Pendant les deux kilomètres de grand spectacle, ce sont généralement les favoris qui se portent à l’avant, à la fois pour se tester, pour tester leur adversaire, pour éliminer les plus faibles, mais aussi pour marquer des points psychologiquement. Dans la traversée de ce secteur pavé, Tom Boonen semble très fort, il se porte à l’avant et roule très vite, un seul coureur peut accrocher sa roue, non sans peine, c’est Fabian Cancellara. Les autres suivent un peu plus loin. A la sortie, il faut faire les comptes. Surprise pour les deux leaders, aucun de leur coéquipiers n’a pu suivre le rythme, ils se retrouvent donc esseulés dans un groupe d’une dizaine d’hommes, avec les principaux favoris, Flecha, Pozzato, Hushovd, mais aussi les Français Hinault et Guesdon, ancien vainqueur de Paris-Roubaix en 1997. Dés lors, la course change d’aspect et s’emballe. L’absence de coéquipiers rend fragile les favoris, et donc les attaques se multiplient. Les outsiders misent sur un marquage des favoris pour tenter un coup qui pourrait s’avérer le bon, comme l’avait fait Stuart O’Grady lors de sa victoire. Ce sont Leif Hoste et Sébastien Hinault qui flairent le bon coup. Ils comptent quelques mètres d’avance. Mais Tom Boonen bouge sur toutes les attaques et comblent les trous. A l’arrière, Cancellara ne panique pas et attend son heure. Une heure qui vient plus vite que prévu. Peu avant, le secteur pavé de Mons en Pévèle, un des secteurs pavés les plus difficiles avec la Tranchée d’Arenberg et le carrefour de l’arbre, il se porte à l’avant du groupe, et comme il l’a fait la semaine dernière sur « le Ronde », il accélère le rythme. Boonen qui était redescendu à l’arrière du groupe est piégé et tout le monde se regarde. Le Suisse lui ne faiblit pas et augmente sensiblement son avance à la sortie de Mons en Pévèle. Derrière, la chasse ne s’organise pas, comme si les coureurs ne croyaient plus à la victoire. Bien mal leur en a pris. A l’avant, Cancellara ne se pose pas de questions et s’en va gagner seul à Roubaix. Il s’agit d’un authentique exploit. S’il avait impressionné la semaine dernière en Belgique, ce que vient de réaliser le Suisse est à mettre au Panthéon de ce sport. Partir seul à 50 kilomètres de l’arrivée avec un terrible vent de face et des poursuivants en nombre était une folie, mais cette année Cancelarra est invincible. Derrière, au Carrefour de l’arbre, ce sont Hushovd et Flecha qui piègent Boonen, surement cloué par une fringale. Le Norvégien finit 2ème, l’Espagnol 3ème, Boonen quand à lui finira à la 5ème place. A noter la formidable course de Sébastien Hinault qui finit 9ème.

 

     Cancellara a écrit l’histoire. Il est le dixième coureur à réaliser le doublé Tour des Flandres/Paris-Roubaix. Mais au-delà de ces victoires, c’est la manière qui impressionne tant le Bernois a maitrisé ses courses, tant il a dominé ses adversaires, aussi bien physiquement que tactiquement. Aujourd’hui l’avenir s’offre à lui. On sait qu’il a d’autres objectifs, comme celui de remporter les cinq monuments du cyclisme. Il en a déjà épinglé trois à son palmarès, Milan-San Remo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Il lui reste à l’emporter sur « La Doyenne », Liège-Bastogne-Liège et sur « La course des feuilles mortes », le Tour de Lombardie en fin de saison. Pour triompher de ces courses, Fabian Cancellara devra abandonner un peu de sa puissance pour pouvoir se hisser sur les pourcentages extrêmement difficile des côtes qui jonchent ces deux parcours. Mais, le Suisse est tellement impressionnant, qu’on se dit que s’il décide de travailler pour remporter ces deux courses, alors les autres coureurs pourront se faire du souci. Ces objectifs pourraient être une étape avant son dernier et plus grand objectif, remporter un jour le Tour de France. A ce jour, on l’imagine mal pouvant élever sa grosse carcasse en haut des cols, mais à cœur vaillant, rien d’impossible. Dimanche prochain, Fabian Cancellara aura une nouvelle fois l’occasion de marquer l’histoire puisqu’il sera au départ de l’Amstel Gold Race, aux Pays Bas. Sur un parcours moins vallonnés que sur la Flèche Wallonne ou que sur Liège-Bastogne-Liège, le Suisse pourra profiter de sa forme exceptionnelle pour tenter de réaliser un fabuleux triplé. Ce qui ferait de lui, à coup sur, une légende de ce sport.

Par Chris G. - Publié dans : Cyclisme
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