Partager l'article ! Franck Vandenbroucke est mort: Celui que la presse belge surnommait « l’enfant terrible du cyclisme belge ...
Celui que la presse belge surnommait « l’enfant terrible du cyclisme belge » s’est éteint ce lundi 12 octobre au Sénégal. Il aurait eu 35 ans le 6 Novembre. Selon les médias belges, VDB aurait succombé à une embolie pulmonaire. La comparaison avec la mort d’un autre enfant terrible du cyclisme, en la personne de Marco Pantani est toute trouvée. Le Pirate avait été retrouvé mort dans un hôtel de Rimini en 2004, frappé par un œdème cérébral et pulmonaire provoqué par une surdose de cocaïne. Néanmoins il faudra attendre les résultats de l’autopsie avant de se permettre une telle comparaison. Franck Vandenbroucke était considéré comme l’un des plus grands talents du cyclisme belge et mondial de ces deux dernières décennies. Retour sur une carrière prometteuse ponctuée par des hauts… et des bas.
Franck Vandenbroucke entame sa carrière professionnelle en 1993 dans l’équipe Lotto dont son oncle Jean Luc, ancien coureur cycliste lui aussi, est directeur sportif. Mais c’est avant, que ce jeune talent se fait remarquer. En effet, il enchaine les victoires dans les catégories de jeune, remportant notamment le championnat de Belgique junior en 1992. Son premier succès chez les pros, il l’obtiendra sur le sol français lors du Tour Méditerranéen 1994 dont il gagne une étape. Son talent vient d’éclater à la face du monde. Il n’a que 19 ans. L’année suivante, il quitte son équipe en cours de saison, fait très rare dans le monde du cyclisme, pour rejoindre l’armada Mapeï, et son directeur sportif, le belge Patrick Lefevere. Il passera 4 années au sein de cette équipe, non sans réussite. Il remporte des courses d’un jour tel que le Grand Prix de Plouay ou Gand-Wevelgem mais aussi des courses à étapes. Ses qualités lui permettent en effet de rivaliser avec les meilleurs sur des courses d’une semaine, même si il sera toujours trop juste sur les grands tours. Son plus grand fait d’arme dans ce type de course restera sa formidable ascension du Col de la République enneigé, sur le Paris-Nice 1998 qu’il remportera.
L’année suivante, où il rejoint Cofidis marquera l’apogée de sa carrière. Il remporte la première course de la saison le Grand Prix d’Ouverture La Marseillaise puis le Het Volk, une semi classique très côté qui se déroule généralement à la fin février. Dans le Tour des Flandres, il joue de malchance et chute au pied du Mur de Gramont, juge de paix de l’épreuve, mais parvient tout de même à revenir sur ses deux compagnons d’échappé, Johan Museeuw et Peter Van Petegem. Il terminera deuxième au sprint. Fin Avril, véritable sommet de sa carrière il remporte la doyenne des classiques, Liège-Bastogne-Liège. En fin de saison, il éblouit de sa classe le tour d’Espagne où il gagne deux étapes. Il est alors 3ème mondial. Cette année 1999 sera donc la plus aboutie de sa carrière. Mais elle marquera aussi le début de ce que l’on pourrait qualifier de « descente aux enfers ».
En juin 1999, il est entendu par les policiers du Quai des Orfèvres qui l’interrogent sur sa relation avec le sulfureux Bernard Sainz, plus connu sous le nom de « Docteur Mabuse ». Il est blanchi par l’Union Cycliste International mais son équipe Cofidis le suspend pour plusieurs semaines. Cette audition signe le début des affaires à répétition. En 2002, il est suspendu pour dopage. Quand il revient à la compétition, il enchaine les équipes et ne réussit plus de grandes performances. Il fait de nouveau parler de lui en participant à une course cyclosportive italienne pour laquelle il présente une fausse licence au nom de « Francisco Del Ponte » munie d’une photo de Tom Boonen. Le 6 juin 2007, il tente de se suicider. En Avril 2008, la presse belge révèle que VDB serait cité comme consommateur dans une affaire de trafic de cocaïne.
La descente aux enfers de l’un des plus grands talents de l’histoire du cyclisme amène à se poser des questions quand à ce milieu de la
petite reine. Gangrené par des affaires de dopage depuis le tour 1998 et l’affaire Festina, le cyclisme tente petit à petit d’éradiquer le dopage. Mais est-ce vraiment possible ? Les
coureurs ont-ils réellement le choix de se doper ou non ? Les récents aveux de Laurent Fignon, à propos de ses pratiques de dopage montrent que le dopage existe dans le cyclisme depuis bien
longtemps. Depuis Quand ? Impossible à évaluer précisément. La mort de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux en 1967 est-elle du e à l’usage de produits dopants ?
Le cyclisme est le sport qui lutte le plus vigoureusement contre le dopage. Chaque année de nouveaux coureurs sont déclarés positifs à divers produits dopants. Mais
est-ce bien leur faute ? La responsabilité du dopage dans le cyclisme incombe-t-elle vraiment aux coureurs et aux médecins ? Selon moi tout le monde est responsable. Du coureur
lui-même, en passant par le médecin, la direction de l’équipe, l’organisateur des courses, mais aussi le spectateur ou téléspectateur. Qu’attendons-nous des coureurs cyclistes ? Qu’ils nous
fassent rêver ! Que les couses soit enlevées ! Qu’ils attaquent ! Peuvent-ils réellement nous satisfaire sans dopage ? En outre, les organisateurs des courses cyclistes
rivalisent de difficultés dans leurs courses pour attirer le public et les sponsors. Sans public, pas de sponsor. Et comment amener le public à regarder la course ? En lui vendant du rêve,
des exploits. L’argent salit tout. Il a aussi salit le sport, notamment le sport cycliste.
La mort de Franck Vandenbroucke fait ressurgir ces questions. L’histoire d’un talent immense gâché par un milieu gangrené.
Adieu Franck, tu nous a fais rêver et en cela tu as rempli ton contrat de coureur cycliste.
La lutte anti-dopage a donc ses limites et le cyclisme, sport le plus contrôlé, en est un bien triste exemple.
Pour finir, l’AFLD a annoncé qu’elle ne s’aventurerait pas dans une nouvelle collaboration avec l’UCI en 2010.
Par ailleurs, certes, l'union cycliste internationale lutte contre le dopage mais il pourrait faire plus. Il suffit de regarder les accusations portées par l'AFLD au regard de la complaisance dont semble avoir bénéficié l'équipe d'Astana.
Les fédérations ont encore du travail à faire pour lutter vraiment et efficacement contre le dopage. Mais c'est certain que ça devra passer par une changement de mentalité..
trop jeune pour mourir.
J'ajouterai : L'exploit sportif doit-il mettre en péril la santé de nos champions ?